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Confiance

Le yoga, c’est vivre une expérience, une expérience d’Etre. Le corps est notre lieu privilégié d’apprentissage, de transformation, mais c’est aussi le lieu où s’expriment nos paradoxes, nos angoisses… C’est notre champ d’expériences, l’empreinte de notre histoire… Par la pratique du yoga et du prânâyâma notre corps devient instrument de spiritualité.

Il existe une seule et unique définition de asana donné par les yoga-sutra de Patanjali: sthirasukham âsanam (II.46) que l’on traduit généralement par : La posture (doit être) ferme et confortable ou selon la très belle traduction de Gérard Blitz : âsana: être fermement établi dans un espace heureux.

Notre corps devient instrument de spiritualité.

 Sthirasukham âsanam…Pour qu’il y ait âsana, il faut qu’il y ait sthira, la pôlarité active, la fermeté, mais aussi sukha, la pôlarité passive, le confort… Si lorsque nous pratiquons, nous insistons uniquement sur sthira, la tonicité, on reste dans la volonté et le mental mais si nous privilégions uniquement sukha, l’agréable, on va vers la somnolence et l’endormissement. Gênant pour une pratique d’Éveil! Si on en renie un, si on en oublie un, ce n’est plus du Hatha yoga… Que de pièges nous guettent ! Un exemple : Dès que l’on “fait” une posture, ce n’est plus du yoga… Cela peut être un très bon exercice musculaire, mais puisque “faire” par définition signifie “réaliser hors de soi une chose matérielle” (cf. dictionnaire le Robert), on comprend à quel point on ne peut pas “faire du yoga”… Le yoga, c’est vivre une expérience, une expérience d’Etre…

 Confondre fermeté et effort (prayatna), c’est risquer d’être dans la volonté et dans «le faire». Assimiler l’aisance avec l’inertie peut conduire à une forme de léthargie. Développer conjointement cette bipôlarité, à chaque instant, équilibrer la fermeté et l’aisance, toute la pratique posturale est là pour créer les conditions pour que s’installe l’ Assise ferme, stable, confortable et imprégnée d’une joie que rien ne saurait altérer, condition sine qua none à toute pratique approfondie de prânâyâma. Selon les jours, on peut avoir une tendance à être un peu plus sthira ou un peu plus sukha…Par une pratique juste de “Ha-Tha Yoga”, on va “lier ensemble”, équilibrer, reconnaître, accepter, ces deux déterminants qui caractérisent l’humain et par là même édifier notre demeure. Notre façon de vivre, nos choix, nos priorités sont intrinsèquement liées à notre pratique de yoga. Dans notre vie quotidienne, on a besoin de solidité, de fermeté, de volonté pour faire les choses, pour se battre face aux difficultés de la vie. Mais cela ne suffit pas. Si nous ne sommes que sthira, que Ha, il nous manquera le lâcher prise, l’acceptation, la joie inconditionnelle,sukha, le Tha, tout aussi nécessaire pour accepter les épreuves de la vie, tous ces événements non voulus, souvent imprévisibles qu’il nous faut accepter si on veut les surmonter.

 Habité par la confiance, choisissons le chemin de l’intériorité au service de la vie…

Aimer la vie telle qu’elle nous est donnée à vivre et pas telle que notre mental ou notre égo l’imagine. Il est facile d’aimer la vie, quand tout va bien … Mais cela devient une discipline et même un art, quand il s’agit d’aimer la vie , dans des périodes où tout semble s’effondrer, où l’on ne comprend plus le sens de la vie, ou on se sent englouti par ses déferlantes… Et pourtant… On ne peut pas changer la réalité, mais on peut changer notre façon de la voir et de la vivre. Accepter pleinement ce qui nous dépasse, ce que l’on ne comprend pas, ce que notre mental ou notre égo refuse et qui pourtant est, voilà le chemin de vie que nous propose le yoga. Que notre force devienne force d’âme, et qu’ habité par la confiance nous choisissions en toute liberté le chemin de l’intériorité, de la profondeur au service de la Vie. …

A très bientôt, Evelyne

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