Stage d’été

Un temps pour vous ressourcer

à Saint Antoine L’Abbaye…

 Nous vivons des temps troublés qui créent des brèches dans nos existences singulières. Tentation du repli sur soi ou individualisme forcené et apeuré : l’espace intérieur se rétrécit sous les coups de l’actualité… Et si la période de crise que nous traversons nous indiquait que l’heure est venue, ici et maintenant, de ne plus différer, dans nos vies saturées, ce retour à l’homme intérieur dont parle si souvent les textes de toutes contrées, à haute valeur spirituelle?

Jean Biès (1933.2014), professeur et essayiste amoureux de l’Inde, auteur d’un petit livre qu’il avait écrit sur René Daumal , le poète du Mont Analogue, recommandait de faire régulièrement des retraites tant l’homme moderne, engagé dans le monde, avait besoin de ces haltes spirituelles pour se retrouver, s’intérioriser , s’arrêter.

Dans son livre Toucher la Vie, Thich Nhat Hanh évoque l’importance de cet arrêt : « Maintenant, je décide de m’arrêter parce que j’ai appris que la Vie est ici […]. Je suis chez moi, dans ma vraie demeure et l’adresse de ma vraie demeure est claire : l’Ici et Maintenant. La Paix devient une chose possible dès que vous vous arrêtez ».

Un stage de yoga, une semaine de retraite à l’Arche de Lanza del Vasto à St-Antoine, deviennent une nouvelle opportunité pour s’arrêter, pour « apprendre à s’arrêter », pour se poser. Et ce d’autant plus que notre monde s’emballe, se fissure, se radicalise et brûle. C’est pourquoi nous avons choisi le thème du détachement. Se détacher de quoi, comment et pourquoi… Une réflexion sur un thème qui est au cœur des vies de chacun d’entre nous.

Pendant les quelques jours que nous allons partager, nous vous proposons de déposer nos bagages ; nous, les « porteurs de fardeaux » (pour revenir à l’étymologie sanskrite du mot «individu ») afin d’approfondir ensemble cette clef de voute de tout itinéraire spirituel.

Toutes les grandes spiritualités orientent la Voie, la sadhana, l’ascèse( au sens grec d’exercices) vers et par cette notion de détachement ( vairagya) qui n’est pas réductible au seul renoncement (tyaga), notion un peu sèche , volitive et sujette à plus de crispations que d’allègements. Vairagya, c’est ne pas s’attacher au monde extérieur, visible, à tout ce que nos organes sensoriels peuvent percevoir, ne pas y mettre de colorations. Cela ne veut pas dire ne pas voir, ne pas toucher, goûter, entendre ou sentir mais laisser le monde et ses illusions ne pas occuper notre espace intérieur. Ne pas être un espace occupé et préoccupé : s’ancrer dans le seul réel, quotidiennement et résolument. Vayragya, c’est désencombrer l’action de toute frénésie, de toute avidité ou ardeur stérile. Sur la Voie, avec l’appui du temps et de la pratique, on prend alors conscience, progressivement et successivement, de la nécessité de se dépouiller de l’inutile, d’abandonner la construction artificielle de l’égo (source de tous les attachements) et de s’ancrer dans la seule Présence.

Le galet se polit de ses aspérités et le Cœur gagne en lumière.

Dans une société du trop plein et de la fausse abondance, la conversion nous offre un nouveau regard pour gagner en légèreté et donc en liberté et laisser s’épanouir la joie qui est en nous, parfois enfouie, mais toujours présente, une joie sans objet, la joie d’être.

Anne, lors de ses exposés, pour mieux circonscrire cette notion complexe, commencera par approfondir toutes les valeurs connexes qui permettent de mieux comprendre vayragya, pour ensuite aborder la notion du détachement dans son contexte indien ( Etude des chapitres 3,5 & 18 de la Bhagavadgita, de lettres de Swami Prajnanpad( dont celle du 31 octobre 1950), des passages de l’enseignement de Swami Chandra et Nisargadatta Maharaj). L’occasion sera alors toute trouvée de nous pencher sur le texte des Béatitudes ou le Sermon sur la Montagne ( Mathieu, 5,1-12), synthèse audacieuse de l’enseignement du Christ qui résonne et se réaligne par la confrontation avec les textes du Vedanta et la spiritualité du yoga. « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu ». Pour finir par l’étude approfondie du célèbre traité de Maître Eckhart (1260.1328), Du détachement ; qui présente, dans une synthèse magistrale , comment le détachement peut être l’axe directionnel de toute vie spirituelle : « Qui veut être en paix et pur doit avoir une chose : le détachement ». C’est un texte serré et dense mais cheville ouvrière essentielle de l’enseignement du mystique rhénan qui nous permettra de formaliser ce que peut être la relation au monde, à l’autre et au divin par la voix de ce Lebemeister (maître de vie) que fut Maître Eckhart.

Chaque texte sapientiel est à lire au présent, ici et maintenant : s’il est vrai, il nous est adressé et c’est à nous de le relire, de le mâcher, de le ruminer. Il est à réécrire au présent. Nous vous invitons donc à cette relecture pour nous nourrir et nous rafraîchir, nous interpeler, nous consoler et nous guider.

« Nous ne sommes rien

mais ce que nous cherchons est tout ! »

(Hölderlin, Hypérion).

Suivons Hölderlin dans cette quête partagée ! S’offrir quelques jours pour se ressourcer, se poser dans la joie des retrouvailles avec son intimité, dans le secret du cœur, tel ce bonheur que Mircea Eliade a nommé enstase, ce ravissement intérieur qui nous imprègne au plus profond de nous-même, c’est ce que nous vous proposons du 1er au 6 août dans un lieu magnifique à Saint Antoine l’Abbaye.

Trois heures de pratique le matin avec Evelyne pour vivre le yoga en tant qu’ expérience spirituelle, en intégrant les postures bien sûr, mais aussi le prânâyâma, la méditation et la contemplation.

« Place ton esprit en moi seul,

Dépose en moi ton intelligence,

et tu habiteras désormais en moi seul;

Nul doute à cela. »

Bhagavad Gîtâ, Chant 12 , 8

 

L’après midi, de 16h15 à 18h45, vous retrouverez Anne pour des entretiens où elle s’appuiera sur les grandes traditions spirituelles pour nous dévoiler comment nous tourner vers ce lieu où l’homme extérieur peut s’apaiser, se retrouver, se transformer…

 

Pour vous inscrire : contact@collegeyoga.fr